Former et tracer les sous-traitants et prestataires qui interviennent sur vos sites

Intervenant d'une entreprise extérieure suivant l'accueil sécurité sur smartphone avant d'entrer sur le site

À retenir

  • La formation des sous-traitants et prestataires qui interviennent sur vos sites repose sur une chaîne précise, du contrat à l'archivage, en 6 étapes.
  • Le donneur d'ordre reste responsable de tout ce qui touche à son site et à la coactivité ; l'employeur de l'intervenant reste responsable de sa formation métier et de ses habilitations.
  • Délivrer le socle de sécurité avant l'arrivée sur site, plutôt qu'à l'entrée, évite d'immobiliser un encadrant et permet de refuser l'accès à un intervenant non formé.
  • Les intervenants extérieurs n'ont ni compte dans votre annuaire ni adresse e-mail de votre entreprise : la plateforme doit savoir donner un accès simple à des populations externes, ce que permet un LMS dédié aux équipes terrain comme Beedeez.
Sommaire

Une entreprise qui accueille des intervenants extérieurs doit leur communiquer les risques de son site et s'assurer qu'ils les ont compris, avant le début des travaux. Leur employeur reste responsable de leur formation métier ; vous, donneur d'ordre, restez responsable de tout ce qui relève de votre site et de la coactivité. Cette obligation se matérialise par une inspection commune préalable puis, selon la nature et le volume de l'intervention, par un plan de prévention écrit. Le dispositif qui fonctionne délivre ce socle avant l'arrivée sur site : cela évite d'immobiliser un encadrant à l'entrée, et cela permet de refuser l'accès à un intervenant non formé.

Sous-traitant, prestataire, entreprise extérieure : de qui parle-t-on

Est considérée comme entreprise extérieure toute entreprise qui fait travailler son personnel sur un site qu'elle ne dirige pas, quelle que soit la qualification retenue dans le contrat : prestataire, sous-traitant ou fournisseur de service. C'est cette notion qui déclenche les obligations de sécurité, pas le nom du contrat. Les règles applicables figurent aux articles R. 4511-1 et suivants du code du travail, qui encadrent les travaux réalisés dans un établissement par une entreprise extérieure.

  • Une entreprise extérieure est toute entreprise, de quelque taille, qui fait intervenir son propre personnel dans l'enceinte d'une entreprise utilisatrice ou sur un site dont elle a la charge.
  • Un prestataire est lié au donneur d'ordre par un contrat de prestation de services : il exécute une mission définie, maintenance, nettoyage, sécurité ou logistique, avec ses propres moyens et son propre encadrement.
  • Un sous-traitant intervient pour le compte d'un autre entrepreneur, dans le cadre d'un marché que ce dernier a lui-même signé avec le donneur d'ordre. La chaîne contractuelle s'allonge, pas la vigilance : les entreprises sous-traitantes sont explicitement visées par les textes sur le plan de prévention.

Cette distinction n'est pas qu'un exercice de vocabulaire. Elle détermine qui doit vous transmettre quoi avant l'intervention, et jusqu'où va votre droit de contrôle.

La répartition des responsabilités

La formation métier et les habilitations professionnelles restent à la charge de l'employeur de l'intervenant ; tout ce qui touche au site que vous exploitez retombe sur vous.

ObligationQui la porteTrace attendue
Formation métier et habilitations professionnellesEntreprise extérieureAttestations, cartes professionnelles, certificats d'habilitation
Information sur les risques du siteEntreprise utilisatriceSupport d'accueil sécurité signé
Analyse des risques de coactivitéLes deux, conjointementPlan de prévention ou permis de travail
Équipements de protection individuelleEntreprise extérieure, contrôle par l'utilisatriceRegistre de contrôle
Accueil sécurité sur siteEntreprise utilisatriceAttestation d'accueil datée et signée
Surveillance de l'application des règlesLes deux, à des niveaux différentsComptes rendus de contrôle
Archivage des preuvesEntreprise utilisatrice, a minimaRegistre des interventions d'entreprises extérieures

La coactivité désigne le risque qui naît de la simultanéité de plusieurs interventions sur un même site, et non de chacune d'elles prise isolément. Un plombier qui travaille en hauteur pendant qu'un cariste circule en dessous ne présente aucun danger particulier pris seul ; ensemble, ils créent un risque que ni l'un ni l'autre ne maîtrise complètement. Vous êtes la seule partie qui voit l'ensemble du site à un instant donné, donc la seule en mesure d'arbitrer. C'est le même enjeu qui structure la sécurité des opérateurs sur site en environnement industriel, et qui revient à l'identique sur la coactivité sur les chantiers.

Qui porte quoi, entre le donneur d'ordre et l'entreprise extérieure
Entreprise extérieure
Ce que l'employeur de l'intervenant apporte
  • La formation métier de ses salariés
  • Les habilitations professionnelles et leur validité
  • Les équipements de protection individuelle
  • La transmission des attestations avant intervention
Entreprise utilisatrice
Ce que le donneur d'ordre apporte
  • L'information sur les risques propres au site
  • L'accueil sécurité et son attestation
  • Le contrôle sur site et ses comptes rendus
  • L'archivage des preuves et le registre des interventions
Zone partagée
Ce qui ne relève ni de l'un ni de l'autre seul
  • L'inspection commune préalable
  • L'analyse des risques de coactivité
  • Le plan de prévention, arrêté d'un commun accord
  • La coordination des interventions simultanées

Personne ne porte seul la sécurité d'un site multi-intervenants. Mais quelqu'un doit porter la vue d'ensemble, et c'est vous.

Les 6 étapes, du contrat à l'archivage

Six étapes jalonnent le passage d'une entreprise extérieure sur votre site, du premier contrat jusqu'à l'archivage de la preuve.

La chaîne complète, du premier contrat à la dernière preuve
  1. 01ContractualisationClauses sécurité et droit de contrôle. Document : le contrat
  2. 02Inspection communeVisite conjointe préalable. Document : le compte rendu d'inspection
  3. 03Plan de préventionAnalyse des risques d'interférence. Document : le plan, écrit selon les cas
  4. 04Accueil sécuritéSocle délivré avant l'arrivée. Document : l'attestation d'accueil
  5. 05Contrôle sur siteVérification effective. Document : le compte rendu de contrôle
  6. 06ArchivagePreuves retrouvables. Document : le registre des interventions

Étape 1 : la contractualisation

Le contrat qui lie le donneur d'ordre à l'entreprise extérieure doit porter des clauses sécurité explicites : formations et habilitations exigées pour intervenir sur le site, obligation de transmettre les attestations avant le début des travaux, droit de contrôle du donneur d'ordre, conséquences prévues en cas de manquement. C'est le service achats ou la direction technique qui porte cette étape, avec l'appui du QSE.

Étape 2 : l'inspection commune préalable

Avant l'intervention, un représentant du donneur d'ordre et un représentant de l'entreprise extérieure visitent ensemble le site ou la zone concernée. L'objectif : identifier les risques propres au site, ceux propres à l'intervention, et ceux qui naissent de leur combinaison. Cette inspection commune préalable est prévue aux articles R. 4512-2 à R. 4512-5 du code du travail, et toutes les entreprises concourant à la même opération, sous-traitants compris, doivent y participer. Elle alimente directement l'étape suivante.

Étape 3 : le plan de prévention

À l'issue de l'analyse commune des risques d'interférence, les employeurs arrêtent d'un commun accord un plan de prévention avant le début des travaux (article R. 4512-6). Son contenu minimal est fixé par l'article R. 4512-8 : phases d'activité dangereuses et moyens associés, adaptation des matériels et installations, instructions données aux travailleurs, organisation des premiers secours, conditions de la coordination entre entreprises.

Le plan de prévention doit être établi par écrit dans deux cas, prévus par l'article R. 4512-7 : lorsque l'opération représente au moins 400 heures de travail prévisibles sur une période inférieure ou égale à douze mois, sous-traitants inclus, ou lorsque tout ou partie des travaux figure sur la liste des travaux dangereux fixée par arrêté du ministre chargé du travail, quelle que soit alors la durée de l'opération. La liste de référence est celle de l'arrêté du 19 mars 1993.

Un cas particulier mérite d'être connu : les opérations de chargement et de déchargement relèvent non pas du plan de prévention mais d'un document propre, le protocole de sécurité, prévu par l'article R. 4515-4 du code du travail.

Étape 4 : l'accueil sécurité

C'est le moment où l'intervenant reçoit, concrètement, les règles du site. Voir plus bas comment le faire fonctionner sans immobiliser vos équipes.

Étape 5 : le contrôle sur site

Informer ne suffit pas : il faut vérifier. Port effectif des équipements de protection, respect des zones balisées, validité des habilitations présentées, conformité aux permis de travail délivrés. Un contrôle qui ne débouche sur rien, ni relance ni sanction, n'en est pas un.

Étape 6 : l'archivage

Chaque document produit aux étapes précédentes doit être conservé et retrouvable. Voir la section dédiée juste après.

Les entreprises qui gèrent bien cette chaîne ne le font pas en ajoutant du contrôle à chaque étape. Elles le font en éliminant les frictions à l'étape 4, celle qui, aujourd'hui encore, se joue trop souvent debout, à l'entrée du site, entre deux camions.

Former les intervenants avant qu'ils entrent sur le site

Le socle de sécurité gagne à être délivré avant l'arrivée sur site, pas à l'entrée : c'est ce qui transforme l'accueil sécurité d'une formalité subie en condition d'accès vérifiable.

Délivré à l'entrée, l'accueil immobilise un encadrant, crée une file d'attente quand plusieurs entreprises arrivent le même jour, et se bâcle dès que le planning presse. Délivré en amont, il devient une simple condition : pas d'attestation, pas d'accès au site.

Le dispositif qui fonctionne repose sur un socle numérique court, envoyé à l'entreprise extérieure avant l'intervention, suivi par chaque intervenant sur son propre téléphone, validé par une vérification des acquis, et donnant lieu à une attestation présentée à l'entrée. Son contenu : risques majeurs du site, plan et zones interdites, circulation, conduite à tenir en cas d'alerte, équipements obligatoires, interlocuteurs sur site, règles propres à la coactivité du jour.

Trois obstacles récurrents, et la réponse à chacun
  1. 01Ils ne sont pas dans votre système d'informationUn accès sans création de compte classique, envoyé à l'entreprise extérieure
  2. 02Les équipes changent d'une semaine sur l'autreUn socle qui se redéploie aussi vite que les équipes tournent
  3. 03Ils ne parlent pas tous françaisDes contenus qui passent par l'image et le geste autant que par le texte

Beedeez, LMS dédié aux équipes terrain, permet de donner un accès à des populations qui ne figurent pas dans l'annuaire de l'entreprise, sur leur propre smartphone, avec un suivi de complétion automatique. Concrètement : un lien envoyé à l'entreprise extérieure, sans compte utilisateur classique à créer, et une attestation générée dès que le module et son quiz de validation sont terminés.

Sur une population comparable de travailleurs terrain, 61 % n'ont pas accès à des formations pensées pour la mobilité, selon une étude IFOP pour Beedeez. C'est précisément l'obstacle que rencontre un intervenant extérieur qui n'a ni poste fixe chez vous ni compte dans votre système. La même logique s'applique à des populations internes dispersées : chez Asturienne, groupe Saint-Gobain, la formation réglementaire multisite, mise à jour en temps réel selon les normes locales, affiche un taux de complétion de 89 %. Le mécanisme est toujours le même : ce qui est acquis avant l'arrivée ne se rejoue plus à l'arrivée, et c'est exactement le principe de l'accueil sécurité des intérimaires.

Intervenant d'une entreprise extérieure suivant l'accueil sécurité sur son smartphone avant d'entrer sur le site

Quelle preuve conserver, et sous quelle forme

Cinq documents suffisent à répondre à un contrôle, à condition d'être signés, datés et accessibles en quelques clics.

Le plan de prévention et ses annexes

Le document de référence de l'intervention : risques identifiés, mesures retenues, modalités de coordination. Il évolue si l'intervention change de nature en cours de route. L'article R. 4512-12 impose de le tenir, pendant toute la durée des travaux, à la disposition de l'inspection du travail, des agents de prévention des organismes de sécurité sociale, du médecin du travail et du comité social et économique.

L'attestation d'accueil sécurité

Signée par l'intervenant, elle prouve qu'il a reçu et compris les règles du site avant le début des travaux. C'est le document le plus souvent demandé lors d'un contrôle ou après un accident.

Le registre des interventions d'entreprises extérieures

Il centralise qui est intervenu, quand, pour quelle entreprise et sur quel périmètre. Ce n'est pas un document imposé sous ce nom par le code du travail, mais sans lui, impossible de reconstituer qui était présent sur site à un instant donné.

Le suivi des habilitations et de leurs échéances

Les habilitations expirent. Un suivi qui ne relance pas avant l'échéance laisse passer des interventions couvertes par une habilitation périmée sans que personne ne le voie.

Les comptes rendus de contrôle

Ils tracent que la surveillance de l'étape 5 a bien eu lieu, avec ses constats, ses relances et ses éventuelles sanctions contractuelles.

Le critère de qualité d'un dispositif de traçabilité tient en une phrase. Pouvoir répondre en moins de dix minutes à la question « cette personne, ce jour-là, avait-elle reçu la formation et l'habilitation requises ? »

Beedeez, LMS pour les collaborateurs deskless, exporte un registre horodaté et déclenche des relances automatiques avant l'échéance d'une habilitation. Pour aller plus loin sur le sujet des habilitations internes, voir suivre les habilitations et leurs échéances. À titre de repère, le taux de complétion moyen constaté sur les dispositifs Beedeez atteint 95 %. Quand la preuve de complétion est elle-même la pièce du dossier de conformité, ce niveau compte doublement.

Les cinq documents qui repondent a un controle
  1. 01Le plan de prévention et ses annexesRisques, mesures, coordination. Tenu à disposition pendant toute la durée des travaux
  2. 02L'attestation d'accueil sécuritéSignée par l'intervenant, avant le début des travaux
  3. 03Le registre des interventionsQui est intervenu, quand, pour quelle entreprise, sur quel périmètre
  4. 04Le suivi des habilitationsValidité et échéances, avec relance avant expiration
  5. 05Les comptes rendus de contrôleConstats, relances et suites données

Le cas particulier des prestataires présents en permanence

Nettoyage, sécurité, maintenance, restauration : ces équipes sont sur site tous les jours sans être salariées du donneur d'ordre. Le dispositif ponctuel décrit plus haut ne suffit plus.

Ce qui change concrètement : les équipes se renouvellent en cours de contrat, souvent sans que le donneur d'ordre en soit informé à l'avance. Le besoin passe d'un accueil ponctuel à une formation continue, avec des mises à jour au fil de l'évolution des consignes du site. Et le client final, lorsqu'il y en a un, impose parfois ses propres exigences de qualification sur ces intervenants permanents, en plus de celles du donneur d'ordre.

La logique rejoint alors celle d'un réseau externe qui n'est pas salarié, déjà traitée pour former un réseau qui n'est pas salarié dans le cas des franchisés. Elle recoupe aussi les enjeux propres à des équipes réparties sur plusieurs sites, avec la contrainte supplémentaire que ces équipes ne sont, juridiquement, pas les vôtres.

Prestataire permanent suivant une formation continue sur son smartphone pendant une pause

Passer de la chaîne au dispositif

Vous avez maintenant la chaîne complète, du premier contrat à l'archivage de la dernière preuve. Reste à choisir jusqu'où l'outiller : un tableau partagé suffit pour deux interventions par mois. Un LMS devient nécessaire dès que les entreprises extérieures se comptent en dizaines, et que chaque question de contrôle doit trouver sa réponse en quelques clics, pas en quelques jours.

Vous voulez voir comment un accueil sécurité se délivre à une entreprise extérieure avant son arrivée, et comment la preuve se retrouve ensuite en dix secondes ? Demandez une démo Beedeez.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un prestataire et un sous-traitant ?

Un prestataire est lié directement au donneur d'ordre par un contrat de prestation de services. Un sous-traitant intervient pour le compte d'un autre entrepreneur, dans le cadre d'un marché que celui-ci a signé avec le donneur d'ordre. Les deux restent des entreprises extérieures au regard des obligations de sécurité du site.

Le plan de prévention est-il toujours obligatoire par écrit ?

Non, pas systématiquement. L'écrit est obligatoire dans deux cas prévus par l'article R. 4512-7 du code du travail : une opération représentant au moins 400 heures de travail sur une période de douze mois ou moins, sous-traitants inclus, ou des travaux figurant sur la liste des travaux dangereux fixée par arrêté du ministre chargé du travail. En dehors de ces cas, l'analyse commune des risques reste obligatoire, et formaliser par écrit demeure la pratique la plus sûre.

Qui doit former le salarié d'une entreprise extérieure ?

Son employeur reste responsable de sa formation métier et de ses habilitations professionnelles. Le donneur d'ordre est responsable du socle propre à son site : risques, zones, consignes, coactivité. Beedeez sert précisément à outiller ce second socle, sans se substituer à la formation métier de l'entreprise extérieure.

Peut-on refuser l'accès à un intervenant non formé ?

Oui, et c'est même l'objectif d'un accueil sécurité livré avant l'arrivée : transformer l'attestation en condition d'accès plutôt qu'en formalité de dernière minute. Avec un dispositif tracé comme celui de Beedeez, l'absence d'attestation à jour se voit immédiatement, avant même que l'intervenant se présente au portail.

Comment former des intervenants qui n'ont pas de compte dans notre système ?

En passant par un lien d'accès simple, sans création de compte utilisateur classique, envoyé directement à l'entreprise extérieure ou à chaque intervenant sur son smartphone. C'est exactement ce que permet Beedeez, LMS dédié aux équipes terrain, conçu pour des populations qui ne figurent pas dans l'annuaire de l'entreprise.

Combien de temps conserver le plan de prévention et les attestations ?

Le code du travail ne fixe pas de durée d'archivage. Il impose une mise à disposition : le plan de prévention est tenu à la disposition de l'inspection du travail, des agents de prévention des organismes de sécurité sociale, du médecin du travail et du comité social et économique pendant toute la durée des travaux, au titre de l'article R. 4512-12, et un exemplaire daté et signé de chaque protocole de sécurité de chargement ou de déchargement est tenu à la disposition du comité social et économique et de l'inspection du travail, au titre de l'article R. 4515-11, là encore sans durée précisée. En pratique, calez votre conservation sur les délais de prescription applicables en cas d'accident et sur les exigences de vos propres clients.

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