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Andragogie : la pédagogie pour adultes

25/11/20 12:00

 

Souvent, quand on pense pédagogie, on pense école, et quand on pense école, on pense enfants. Les pédagogues qui conçoivent des méthodes d'apprentissage le font ainsi en général pour des enfants ou des adolescents. Bien évidemment, cela ne rend pas lesdites méthodes inapplicables sur des adultes. Néanmoins, ils ne sont pas motivés par les mêmes choses. Prenez par exemple la classique et très critiquée méthode de la carotte et du bâton. Remplacez carotte par bonbons et bâton par une remarque bien sentie, et vous aurez des chances de faire apprendre quelque chose à des enfants (c'est un exemple, ne faites pas ça, vous allez leur pourrir la santé - et le caractère). Un adulte, en revanche, risque de vous faire remarquer qu'il vous voit venir avec vos gros sabots, et que si vous lui faites encore la moindre remarque désagréable, il vous enfoncera les bonbons dans le gosier. Face aux échecs plus ou moins retentissants des pédagogies pensées pour des enfants et utilisées sur des adultes, l'andragogie a été créée.

Opposée à la pédagogie, l’andragogie est tout un art. Elle englobe donc les méthodes destinées à l’enseignement des adultes. Tandis que les plus jeunes font preuve d'une immaturité affective accompagnée d’une grande capacité d'adaptation, les adultes, eux, sont surtout motivés par des objectifs personnels ou professionnels. Notez bien, si vous remplacez carotte par promotion et bâton par mise au placard, ça peut motiver des adultes à apprendre. Toutefois, il y a plus subtil (et c'est un peu une méthode de sagouin, quand même). Ainsi, bien que le concept d’andragogie soit moins connu que celui de la pédagogie, il apporte de nombreux avantages, surtout aux entreprises.

 

Origines de l’andragogie

L'andragogie est un terme inventé par Alexander Kapp, un éducateur allemand, en 1833. Il est constitué de deux mots issus du grec ancien :    « anèr », ou « andros », et « agogos ». Le premier désigne le mâle, car à l'époque, la gent masculine était la seule à pouvoir bénéficier d'une formation (comme quoi tout n'était pas mieux avant, sauf peut-être les currywurst). Le second terme, quant à lui, signifie guide. Le concept d'andragogie a connu des évolutions au fil du temps. En 1926 aux États-Unis, le premier courant instauré par Edward L. Thorndike se focalise sur les facultés d'apprentissage des adultes, et non sur le processus lui-même. Il a d’ailleurs démontré que les adultes bénéficient effectivement de capacités d'apprentissage,  ce qui n'était à l'époque pas encore sûr. (Bon, étant donné le comportement de certains adultes, on ne peut pas leur en vouloir d'avoir eu des doutes.) 

L’andragogie est devenue une méthode théorique fondée sur la formation des adultes, notamment à partir des années 1950, grâce à l’Américain Malcolm Knowles. Une vingtaine d'années plus tard, le terme andragogie apparaît dans les recherches émergentes et institutionnelles, mais aussi dans des programmes de formation et des publications. À l'heure de la digitalisation et de l'avancée de la technologie, par définition, l'andragogie est devenue la base même de la méthodologie des formations continues que les apprenants peuvent suivre tout au long de leur vie en fonction de leurs envies, leurs besoins et leur disponibilité. On la retrouve aussi bien dans les formations en présentiel que dans les principes du e-learning.

 

L’andragogie en opposition à la pédagogie

Le concept d’andragogie s’oppose à celui de la pédagogie. Pour les enfants, l’apprentissage est aussi bien un devoir qu’une obligation, tandis que pour les adultes, il s’agit d’un centre d’intérêt, d’un besoin ou des deux. Leur envie d’apprendre peut s’expliquer par une insatisfaction professionnelle, un besoin d’approfondissement de leurs connaissances, un simple plaisir, une reconversion professionnelle ou encore un goût d'apprendre. Les raisons sont nombreuses et varient d'une personne à l'autre. Inutile donc de leur proposer un quelconque ersatz de carotte, de chercher à les motiver : la motivation est déjà là. C'est sur la qualité de la formation et son adaptation aux besoin des apprenants qu'il convient de se concentrer. C'est par exemple une des raisons du succès du micro learning, pratique à insérer dans un emploi du temps chargé : quand vous avez la journée farcie de réunions, une méthode pour se former quand vous avez cinq minutes entre deux portes est presque salvatrice.

Dans le cadre d'une formation en groupe, les adultes ont surtout besoin de bien s'intégrer. En présentiel, par exemple, il faut faire en sorte que l'apprenant ait un environnement qui le mette à l'aise . La confiance, le dialogue ainsi que la bienveillance sont de ce fait indispensables (ainsi que des sièges un minimum confortables. Vraiment. Les dos des gens n'ont pas vocation à se faire transformer en compote).

Les adultes sont également plus exigeants que les plus jeunes, et ils souhaitent comprendre toutes les actions effectuées ou demandées. Pour que les adultes apprennent efficacement et assimilent les cours, ils doivent absolument rester actifs. En tenant compte de ces éléments, l’andragogie favorise des méthodes d’apprentissage actives riches en activité et en travaux de groupe. Quand tout le monde est sérieux, travailler en groupe est très stimulant : oubliez vos années lycée où c'était toujours la même personne qui faisait 90% du travail tandis que les autres glandouillaient. En plus, le matériel pour noter/expérimenter est fourni. Plus de chuchotis au fond de la classe de la part de celui ou celle qui oublie systématiquement ses affaires et demande si vous n'avez pas une feuille, un stylo, deux euros ou un ticket restaurant.

Par ailleurs, en termes d’attentes, celles d’un enfant sont identifiées par son enseignant. En revanche, les adultes sont capables de diagnostiquer eux-mêmes leurs besoins par rapport à l'apprentissage et au programme proposé par l'entreprise ou le centre de formation. Toutefois, l'accompagnement d'un formateur est souvent nécessaire au fil du processus d'apprentissage pour guider et expliquer les informations les plus difficiles à comprendre. À la fois autonome et responsable, un adulte a surtout besoin d'un facilitateur d'apprentissage et d'un climat axé sur la collaboration. Le respect ainsi que l'ouverture dans les discussions sont également importants pour l'apprenant. Il peut également apprendre de ses collègues, dans une démarche social learning.

 

Ressources et modes d’apprentissage

Avec le concept d'andragogie, le formateur fournit aux adultes toutes les ressources dont ils ont besoin pour apprendre. Il doit se focaliser sur l’expérience déjà acquise pour intéresser les apprenants. L’expérience constitue en effet une base pour déterminer la pertinence de la formation proposée. Si les plus jeunes doivent se référer à des contenus qu'ils sont obligés d'assimiler tout au long de l'année scolaire, les adultes apprennent surtout en se basant sur une tâche ou sur des problématiques à résoudre. Ces dernières les mènent à des pistes d'actions qu'il leur sera possible de reproduire sur le terrain par la suite. Ils possèdent déjà les connaissances théoriques liées à leur métier, et sont là car ils recherchent des solutions concrètes à tel ou tel problème.

Pour les adultes, la formation ne se limite pas seulement à l'acquisition de connaissances. Elle constitue aussi une ouverture à la construction constante en tant qu'être humain doté d'une personnalité structurée. Les adultes bénéficient d’une forte capacité à se poser des questions, à réfléchir et même à douter quand cela s’avère nécessaire. L'andragogie a été conçue pour s'adapter à ces spécificités des adultes. L'estime de soi, l'envie de collaborer, la détente et la convivialité sont au centre de ce concept qui se fonde sur la capacité d'apprentissage. Ils peuvent apprendre tout au long de leur vie, et ce, de façon continue. Ils s'imprègnent de leurs nouvelles expériences et saisissent les nouvelles opportunités pour approfondir leurs connaissances dans un domaine précis.

C'est d'autant plus vrai qu'ils sont en général responsables des décisions qu'ils prennent et sont tout à fait capables de gérer leur travail, leur formation et leur vie personnelle à la fois. En général, parce qu'on a tous croisé ce collègue rétif à tout, qui n'aime rien et qui râle chaque fois qu'on veut lui faire faire un truc. Notre conseil : inspirez-vous de l'andragogie. L’expérience étant spécifique à chaque individu, elle mérite d'être considérée et valorisée dans sa formation professionnelle. On peut donc proposer au collègue rétif un cursus adapté à ses besoins : "survivre six mois en Alaska avec sa tente et son couteau pour comprendre qu'en fait on est bien au travail". Car il y a toujours une formation pour rétablir la paix et l'harmonie au sein des entreprises.

 

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